L’art du portrait gravé dans les livres
Cet art est intimement lié à l’histoire du livre et des évolutions techniques. La place de l’auteur et de son portrait s’inscrit dans le projet éditorial. La première représentation d’un auteur date de 1479, dans une édition milanaise des oeuvres d’un prédicateur, Paolo Attavanti. Il est représenté de profil à son pupitre. Cette iconographie est directement héritée de l’époque médiévale. La technique employée est la gravure sur bois. Au xvème siècle, à la naissance de l’imprimerie, l’auteur est caractérisé par une iconographie type et par une indication pour l’identifier en dessous du portrait mais la même plaque de gravure peut servir pour représenter des auteurs différents. Le portrait est envisagé comme un élément illustrant le texte.
Le xvième siècle est prolifique en innovation sur la structuration du livre, c’est à cette époque qu’on invente la page de titre. Le portrait d’auteur dispose d’une pleine page bien souvent au début du livre. Sa réalisation est facilitée par l’invention de la gravure en taille-douce (gravure sur cuivre).
On s’affranchit d’une représentation médiévale pour s’inspirer du modèle numismatique antique présentant l’auteur de profil, puis le médaillon ovale le supplante, offrant une figuration du sujet de trois-quarts. Ce modèle plus séduisant confère plus d’importance au visage et au regard, donc à l’expression de l’individualité. Le portrait d’auteur se doit d’être le miroir de l’âme et figurer son caractère.